C'était la larme de trop, l'incendie superficielle, l'amer gout de tes mots qui se dressait devant moi, la sensation âpre de s'être menti trop longtemps et qu'à l'ombre des mensonges, rien ne pousse. C'était cette petite phrase que tu as surement déjà oublié mais qui trébuche dans ma tête comme un coup de poing d'un corps à corps jamais avoué. C'est cette petite phrase que tu as écrite sans penser aucun des mots, me dis pas le contraire, je sais que tu mens. Sous mon fond de teint, j'ai des larmes de rasoirs prêtes à détruire chaque morceau de peau. Je n'attends rien ou alors juste pouvoir me blottir dans le creux de l'absence tout en sachant que tu veux ma présence. J'aime le silence rassurant de ce parc, comme une tranquillité absurde auquel je tiendrais encore avant l'errance, avant les rires qui viendraient quel qu'en soit le prix quelques heures plus tard. Comme une fuite devenu nécessaire. C'est étrange comme j'ai besoin de changement, c'est étrange comme je suffoque lorsque tout est immobile. Mais j'm'en fou, puisque je sais que tout est éphémère, l'amour, la vie, l'argent, le vent, toi, moi. Je sais que rien ne dure. Je sais le bruit de l'attente et l'irrépressible envie de toi et je continuerais à rechercher dans chaque seconde, le peu de poésie qui manque à ma vie. Je sais le bruit des corps rongés par le mépris, rongés par les nuits noires, tremblant d'incertitude sous la lente valse du lierre s'agrippant à cette vielle maison en pierre. Offre-moi alors, une bise, une brise, un brève moment... Oh comme j'aimerais pouvoir dire tous ces mots qui m'écorchent la gorge. __
